Diagnostic présymptomatique

Diagnostic présymptomatique

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Déroulement du test

Le test présymptomatique détermine pour une personne si elle est porteuse d'une maladie génétique ou non, avant l'apparition des symptômes.

Quatre étapes

A+
A-

Information > Réflexion > Décision > Suivi

Premier contact

Pour prendre le premier rendez-vous ou pour une demande de renseignement sur la démarche, contacter la conseillère en génétique Elodie SCHAERER :
Par téléphone : 01 42 16 13 25
Par mail : elodie.schaerer@psl.aphp.fr

1re phase - Information
Une phase d’information, menée par les généticiens, explique le mode de transmission et le déroulement du test présymptomatique et son intérêt. En effet, il est crucial de respecter un délai suffisant avant de prendre une décision définitive (5 mois environ au total). Suite à ces entretiens, si vous êtes décidé(e) à poursuivre la demande de test présymptomatique, vous devez prendre contact par téléphone avec l’infirmière de génétique pour organiser les prochains entretiens.

2e phase - Réflexion
a) Un ou plusieurs entretiens psychologiques sont programmés, permettant de réfléchir sur les motivations à l’origine de votre demande de diagnostic présymptomatique, et de vous aider à décider de façon éclairée s’il y a un bénéfice personnel à connaître votre statut génétique. Durant ces entretiens avec un psychologue compétent, le candidat au test évoque ses motivations à l’origine de la demande du test (projet d’enfant, choix professionnel, besoin de savoir, etc.). Ces entretiens doivent l’aider à anticiper les conséquences de la révélation de son résultat génétique.

Le généticien et le psychologue doivent permettre de respecter aussi bien le droit de savoir que le droit de ne pas savoir. De façon idéale, ils ne doivent ni encourager, ni décourager le demandeur du test dans sa démarche, mais l’aider dans sa réflexion à prendre la meilleure décision possible. b) Un entretien social qui vous propose de situer votre démarche dans un contexte personnel et familial et d’envisager l’avenir en cas de résultat favorable ou défavorable. c) Si besoin, des tests de mémoire. Si vous décidez de poursuivre, vous entrez dans la :

3e phase - Décision (prise de sang pour l’analyse moléculaire)
La prise de sang est réalisée avec un consentement écrit permettant l’analyse moléculaire. Une deuxième prise de sang est fortement conseillée la semaine suivante, afin d’éviter toute erreur d’analyse. La date du résultat est fixée le jour du prélèvement, avec un délai d’un mois. Il est précisé que le résultat vous sera communiqué oralement lors d’un entretien avec le neurogénéticien.

4e phase - Suivi
Vous êtes maintenant en possession de l’information que vous avez souhaité obtenir. Nous vous recommandons de poursuivre les entretiens qui vous permettront de faire le point régulièrement 15 jours, six mois, et un an après le résultat. L’équipe est disponible pour vous recevoir et vous assurer un suivi médical, psychologique et social à long terme. L'accompagnement des personnes se poursuit après la révélation du résultat, qu'il soit favorable ou défavorable. L'apparition de souffrances psychiques parfois aiguës (culpabilité, angoisse, dépression…) amène bien évidemment à la plus grande prudence avant de communiquer les résultats du test mais incite aussi à poursuivre la prise en charge bien au-delà du résultat génétique.

Qui peut faire le test présymptomatique ?

Toute personne ayant dans sa famille directe au moins un parent (père, mère, frère, sœur, grands-parents, etc.) souffrant d'une maladie neurologique génétique. Ce test ne sera possible pour les personnes à risque que si la maladie génétique chez le membre de la famille atteint est connue. Dans le cadre du test présymptomatique, le demandeur du test ne présente pas de signe de la maladie familiale, il est asymptomatique d'où le terme «présymptomatique. » Cependant, il souhaite savoir s'il sera atteint de la maladie ou non dans le futur. Le test présymptomatique répond à cette question de manière non équivoque en révélant un savoir très particulier nommé « statut génétique ».

Celui-ci, accessible à partir de prélèvements sanguins, désigne la présence ou l'absence de la mutation génétique associée à la maladie. Si la mutation génétique est retrouvée, on dit que le résultat du test est défavorable. La personne porteuse de la mutation développera assurément un jour la maladie. De plus, il existe un risque que la mutation soit transmise aux enfants. En revanche, si la mutation n'est pas retrouvée, on dit que le résultat du test est favorable et cela signifie que ni le demandeur, ni ses descendants ne seront affectés par la maladie. Le diagnostic d’une maladie génétique peut concerner toute une famille. Certains membres de la famille dits « à risques » sont en réalité soit porteurs du gène muté, soit non porteurs. En l’absence de traitement, le diagnostic présymptomatique ne se conçoit que chez l’adulte souhaitant connaître son statut: ses motivations doivent être claires.

A quel moment réaliser le test ?

Celui qui réalise le test saura avec certitude s'il tombera malade sans pour autant savoir quand, ni quelle sera la gravité de son atteinte. Dans chaque situation, le sens et les projets de l'existence sont immanquablement au premier plan de son questionnement. La prédiction du développement d'une maladie incurable chez un individu qui n'en souffre pas encore soulève des interrogations cruciales sur les enjeux d'une telle révélation. Malgré l'absence actuelle de traitement, certains demandeurs souhaitent connaître leur statut génétique dans le but de lever le doute qui paralyse leur vie. L'incertitude sur le développement de la pathologie recouvre parfois une figure obsédante responsable d'un profond mal-être qui rappelle l'image de l'épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête.

Dans ce cas, les questions et les doutes peuvent devenir insoutenables et demandent à être arrêtés par la connaissance certaine de son statut. Une autre situation fréquemment rencontrée est celle de jeunes adultes en âge de devenir parents qui font dépendre leur accès à la parentalité du résultat du test. Leur principal souhait est de pouvoir interrompre la transmission de la maladie pour les générations futures soit pour certains, en renonçant à leur projet parental s'ils sont porteurs de la mutation, soit pour d'autres, en donnant naissance à des enfants dont il est possible de s'assurer, grâce à un diagnostic prénatal, qu'ils ne présenteront, ni ne transmettront la mutation génétique. Les choix d'orientation professionnelle, l'information de la descendance ou la préparation de l'avenir comptent également parmi les motivations des demandeurs.

D'autres encore consultent et décident de ne pas donner suite à leur démarche. Ils choisissent de poursuivre leur vie en préférant laisser sous la forme d'une question ouverte la probabilité de développer la maladie plutôt que de se savoir porteurs d'une mutation génétique sur laquelle on ne peut pas intervenir. Ce cas de figure est fréquent et enseigne l'importance du temps laissé à la réflexion dans cette démarche.

Pourquoi ? Savoir ou ne pas savoir ?

Pour la personne à risque, le doute peut devenir insupportable, source de frustration, de peur, et de difficulté à planifier son avenir : suis-je porteur ou non ? Serai-je malade à l'avenir comme mes apparentés ? Ce doute conduit certains à vivre au quotidien en s'observant, avec des préoccupations somatiques persistantes et en interprétant ses impressions par des signes avant-coureurs de la maladie. La nécessité de savoir devient impérieuse pour celui qui pense trouver dans le résultat du test un moyen de sortir de cette paralysie."

Marcela GARGIULO, psychologue Le Journal des Psychologues - Mai 2000 - n°177

Pourquoi une personne à risque décide-t-elle de faire un test présymptomatique ?

L'expérience dans la maladie de Huntington montre que certains demandeurs du test sont "malades du doute" (suis-je porteur ou non du gène... ?). D'autres veulent planifier l'avenir (je veux savoir pour organiser ma vie et celle de ma famille), d'autres souhaitent informer leurs enfants (j'ai le devoir d'informer mes enfants avant qu'ils ne s'engagent dans un projet parental) ou préfèrent faire le test génétique avant d'avoir des enfants (je souhaite que cette maladie s'arrête, je ne voudrais pas transmettre la maladie à l'un de mes enfants, ils m'en voudraient plus tard). Enfin, certaines personnes disent vouloir faire le test pour participer ultérieurement à la recherche ou bénéficier d'une thérapeutique lorsqu'elle sera disponible."

"Pour quelles raisons certains consultants décident-ils de ne pas aller jusqu'au bout de leur démarche ? La temporalité dans laquelle les consultations et entretiens pluridisciplinaires se déroulent (neurogénéticien, psychologue, assistante sociale) permet aux consultants de prendre conscience de la façon dont ce test va modifier leur vie.

Certains réalisent que ce n'est pas le moment de faire le prélèvement, car ils ne supporteraient pas d'apprendre qu'ils sont porteurs du gène. Vivre dans le doute est insupportable, mais vivre dans la certitude d'être porteur du gène responsable d'une telle maladie peut l'être aussi. Parfois, les entretiens révèlent que les décisions fondamentales de la vie ne dépendent pas seulement du résultat du test. [...] L'annonce d'un résultat favorable (non porteur) ne permet pas une récupération psychologique immédiate. Il faut du temps pour assimiler cette information, qui remet parfois en question tout un projet de vie".

Marcela GARGIULO, psychologue La lettre du Neurologue - n°2 - vol. VII - février 2003

Les résultats du test sont tranchés : résultat favorable, si le test est négatif, laissant supposer un soulagement voire une libération d’une crainte importante, résultat défavorable si le test est positif, laissant présager une dépression ou du moins une tristesse importante chez les sujets concernés. Ainsi, il n’est pas rare d’observer chez les sujets non porteurs des réactions en demi-teinte : pas d’explosion de joie, indifférence, voire même tristesse. Un test génétique négatif peut ainsi, paradoxalement, constituer dans certaines circonstances une « mauvaise nouvelle ». Mais pour un sujet, ne pas être porteur du gène c’est ne pas être comme son père ou sa mère, ce qui est assez problématique et peut s’avérer très difficile lorsque la fratrie est atteinte.

Le sujet non porteur peut dans certains cas ressentir une culpabilité, contrastant avec son propre destin génétique. Cette possibilité implique la plus grande sobriété chez l’annonceur du résultat, en évitant notamment des préambules ou des commentaires lénifiants (« J’ai une très bonne nouvelle à vous annoncer, etc. », ou « Vous devez vous sentir soulagé, non ? », etc.), qui ne peuvent que mettre encore plus mal à l’aise les sujets les plus fragiles et en tout cas empêchent l’interlocuteur d’exprimer librement son vécu dans ces circonstances.

Maladies concernées

Le test génétique présymptomatique concerne certaines maladies héréditaires qui, pour la plupart, commencent à l’âge adulte. Le terme « héréditaire » signifie qu'il existe un risque que la maladie se transmette d’une génération à la suivante (des parents aux enfants), sans forcément apparaître à l'enfance. Contrairement à certaines formes familiales de cancer pour lesquelles un test génétique peut présenter un bénéfice médical (=dépistage), les affections neurologiques héréditaires n'ont pas encore de traitement préventif ou curatif. Parmi les pathologies neurologiques héréditaires pour lesquelles un diagnostic présymptomatique est réalisable, on retrouve (liste non exhaustive):

Maladie de Huntington (MH)
Formes familiales de maladie d'Alzheimer (MA)
Formes familiales de maladie de Parkinson (MP)
Formes familiales de Démence Fronto-Temporale (DFT)
Formes familiales de Sclérose Latérale Amyotrophique (SLA)
CADASIL
Ataxies cérébelleuses autosomiques dominantes (SCA)
Forme familiale de maladie de Creutzfeld-Jacob
Dystrophie musculaire Facio-Scapulo-Humérale (FSH)
Dystrophie musculaire oculo-pharyngée
Dystrophie myotonique de Steinert
Paraparésie Spastique familiale (PS)
Maladie de Charcot-Marie-Tooth
Certaines formes de dystonies

La consultation multidisciplinaire (CMD) de neurogénétique
à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière est composée
de la façon suivante :

Dr Alexandra DURR / Neurogénéticienne / 01 42 16 13 46
Dr Josué FEINGOLD / Généticien / 01 42 16 13 46
Elodie SCHAERER / Conseillère en génétique / 01 42 16 13 25
Marcela GARGIULO / Psychologue
Ariane HERSON / 01 42 16 13 46
Dr Françoise GUEDJ / Psychiatre / 01 42 16 13 46
Chloé GIRAULT / Assistante sociale / 01 42 16 14 44
Monica GOEFFRION / Infirmière / 01 42 16 13 96